Vous allaitez et vous avez l’impression que votre production de lait est insuffisante ? Vous n’êtes pas seule. C’est l’une des premières inquiétudes des jeunes mamans, et c’est aussi ce qui pousse beaucoup d’entre elles à se tourner vers les compléments alimentaires dits « galactogènes ». Mais entre les tisanes d’allaitement, les snacks lactation et les gélules à base de plantes, difficile de s’y retrouver. Quels compléments allaitement ont réellement fait leurs preuves ? Lesquels relèvent davantage du marketing que de la science ? On fait le point, études cliniques à l’appui.

➜ Pour aller plus loin : Comment augmenter sa lactation naturellement ? (Jolly Mama)
Qu’est-ce qu’un galactogène ?
Un aliment ou une plante est dit « galactogène » (ou « galactogogue ») lorsque sa consommation permet de stimuler la production de lait maternel chez les femmes allaitantes. Depuis des siècles, différentes cultures utilisent des plantes, des épices ou des aliments pour soutenir la lactation : fenugrec en Inde et au Moyen-Orient, moringa en Asie du Sud-Est, fenouil dans le bassin méditerranéen.
Mais avant de se ruer sur un complément allaitement, un rappel s’impose. L’Academy of Breastfeeding Medicine le souligne clairement : avant d’utiliser toute substance pour essayer d’augmenter la sécrétion lactée, il est impératif de pratiquer une évaluation complète de la lactation maternelle et de l’efficacité du transfert du lait à l’enfant.
Concrètement, cela signifie qu’un galactogène ne remplacera jamais les fondamentaux : augmenter la fréquence des tétées, alterner les seins, pratiquer la compression mammaire, et si besoin tirer son lait pour stimuler davantage la production. Un complément allaitement vient en soutien, pas en remplacement de ces gestes essentiels. Et idéalement, on fait le point avec une consultante en lactation IBCLC avant toute supplémentation.
Les conseils de Carole Hervé, consultante en lactation IBCLC :
« Deux hormones sont très impliquées dans l’allaitement : la prolactine qui fabrique le lait et l’ocytocine qui le fait couler. Le stress augmente le taux de deux autres hormones, le cortisol et l’adrénaline, qui peuvent freiner l’ocytocine. En d’autres termes, le stress ne casse pas la production de lait à proprement parler, mais il donne une sensation de seins vides. On a vite fait de conclure à une panne sèche alors qu’il suffit de quelques gestes répétés pour relancer l’ocytocine.
Pour y faire face, il est utile de prendre quelques minutes pour prendre de bonnes respirations avant et pendant la tétée, de vous installer dans un environnement calme, de favoriser la proximité avec votre bébé (en peau à peau ou habillé) et, si besoin, de masser uniformément vos seins afin de faciliter l’éjection. Rappelez-vous que le lait est là et que le blocage est passager ; cela va vous aider à diminuer la pression. Vous pouvez également visualiser des moments heureux.
Il est probable que votre bébé se montre agité car le lait met plus de temps à sortir qu’il ne le souhaiterait. Si votre bébé ne reste pas accroché au sein assez longtemps pour faire venir le réflexe d’éjection, utilisez un tire-lait en parallèle pour compenser.
Rappelez-vous que tant que le sein est stimulé, le corps continue à produire du lait. Cette situation est généralement temporaire. Si le stress devient fréquent ou envahissant, en parler à un professionnel de santé peut être bénéfique. »

Les allégations santé autorisées en Europe
Toutes les plantes utilisées dans les compléments allaitement ne bénéficient pas du même niveau de reconnaissance officielle. En Europe, les allégations de santé autorisées sur les compléments alimentaires sont encadrées par le règlement (CE) n°1924/2006 et validées par l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments). Voici celles qui concernent directement la lactation :
- Shatavari (Asparagus racemosus) : aide à maintenir un bon flux de lait maternel ; aide l’organisme à faire face au stress (ID 3252).
- Fenugrec (Trigonella foenum-graecum) : soutient la production de lait (ID 4185).
- Fenouil (Foeniculum vulgare) : soutient la production de lait maternel (ID 2053).
- Carvi (Carum carvi) : soutient la lactation (ID 2010).
À noter : le moringa ne dispose pas à ce jour d’une allégation de santé autorisée par l’EFSA sur la lactation. En revanche, c’est paradoxalement la plante qui bénéficie du plus grand nombre d’études cliniques sur le sujet, comme nous allons le voir.
Quant à d’autres ingrédients souvent présents dans les compléments allaitement (levure de bière, avoine, graines de lin), aucun ne possède d’allégation EFSA spécifique à la lactation.

Ce que dit la science : les galactogènes passés au crible
Le moringa : le galactogène le plus étudié
Le moringa (Moringa oleifera) est la plante pour laquelle les preuves cliniques sont les plus solides en matière de soutien à la lactation. Plusieurs essais cliniques randomisés ont évalué son effet sur le volume de lait maternel.
Étude Estrella et al. (2000) : Une étude sur 68 mères ayant accouché prématurément a comparé des gélules de moringa (250 mg de feuilles) à un placebo, du jour 3 au jour 5 post-partum. Les résultats montrent une augmentation progressive et significative du volume de lait dans le groupe moringa : +152 à 176 % par rapport au placebo au jour 5 [1].
Étude Espinosa-Kuo (2005) : Un essai portant sur 82 mères allaitantes a testé des gélules de moringa dosées à 350 mg, deux gélules une fois par jour. Le volume de lait était significativement plus élevé dans le groupe moringa, avec une augmentation de +23 % au jour 3 post-partum à +162 % au jour 10, par rapport au placebo [2].
Étude Kiranawati & Nurjanah (2017) : Chez 30 mères allaitantes recevant des gélules de moringa (250 mg, deux fois par jour), les taux de prolactine, l’hormone qui déclenche la production de lait, étaient significativement plus élevés dans le groupe traité [3].
Méta-analyse King et al. (2013) : Une revue systématique de cinq essais (366 participantes) confirme une augmentation statistiquement significative du volume de lait après supplémentation en moringa, avec un effet croissant dans le temps : +23 mL au jour 4, +32 mL au jour 5, et +124 mL au jour 7 [4].
Au-delà de ses effets galactogènes, le moringa est aussi une plante remarquablement riche sur le plan nutritionnel : teneurs élevées en protéines, calcium, fer et antioxydants [5], autant de nutriments dans lesquels l’allaitement vient puiser dans les réserves maternelles.

Le fenugrec : des résultats positifs mais des limites
Le fenugrec est l’un des galactogènes les plus populaires dans les compléments allaitement et tisanes lactation. La littérature scientifique montre des résultats encourageants, bien que les études soient de tailles modestes.
Étude Swafford & Berens (2000) : Chez 10 femmes supplémentées avec 1,83 g/jour de fenugrec pendant deux semaines, le volume de lait quotidien moyen est passé de 207 mL à 464 mL [6].
Étude El Sakka et al. (2014) : Les nourrissons de mères ayant reçu du fenugrec (2 g en tisane, trois fois par jour) perdaient moins de poids aux jours 3 et 7, et les volumes de lait matinaux étaient plus élevés au jour 3 par rapport au groupe témoin [7].
Étude Bumrungpert et al. (2018) : Une étude chez 50 mères a testé un mélange de fenugrec (200 mg), curcuma (100 mg) et gingembre (120 mg) pendant quatre semaines. Le volume de lait a augmenté de 49 % à la semaine 2 et de 103 % à la semaine 4 [8].
Étude Rouhi et al. (2025) : Chez 68 mères de prématurés, 500 mg de fenugrec trois fois par jour pendant 10 jours ont entraîné un volume de lait significativement plus élevé au 7ᵉ jour. Aucun effet indésirable signalé [9].
Les doses utilisées dans ces études varient de 500 mg à 1 830 mg par jour. Un point crucial à garder en tête quand on compare avec les tisanes d’allaitement du commerce.
Le fenouil : des données surtout précliniques
Le fenouil est un classique des tisanes d’allaitement. Son rôle sur la prolactine a été mis en évidence principalement dans des études animales, montrant une augmentation dose-dépendante de la prolactine sérique après administration d’extraits de fenouil [10][11].
Une étude clinique chez des femmes allaitantes a montré une augmentation significative de la prolactine après 6 gélules de 500 mg trois fois par jour (soit 9 g/jour) [12].
Là encore, la dose utilisée en étude est considérable par rapport à ce que contient une tasse de tisane.
Le shatavari : un profil prometteur, surtout en synergie
Le shatavari (Asparagus racemosus) bénéficie d’une allégation EFSA sur la lactation et le stress, ce qui en fait l’une des rares plantes officiellement reconnues dans ce contexte. Les données cliniques portent principalement sur son effet hormonal : des études montrent un effet sur les taux de prolactine [13]. Des modèles précliniques suggèrent un effet œstrogénique sur les glandes mammaires, favorisant la lactation. Le shatavari présente également des propriétés adaptogènes (anti-stress), antioxydantes et immunomodulatrices [13].
Levure de bière, avoine, graines de lin : des pistes intéressantes
D’autres composés sont régulièrement cités comme galactogènes. La levure de bière et l’avoine contiennent des β-glucanes qui pourraient stimuler la prolactine. Une étude a montré que deux fois plus de femmes observaient un effet positif sur la lactation avec la levure de bière par rapport au groupe sans supplémentation [14]. L’avoine contient aussi des composés qui aident à augmenter flux sanguin vers les glandes mammaires [15]. Les graines de lin, riches en phytoœstrogènes, pourraient soutenir la production de prolactine [16].
Mais ces données restent parcellaires et les niveaux de preuve limités.

Tableau récapitulatif : les plantes galactogènes comparées
| Plante / Ingrédient | Allégation EFSA lactation | Niveau de preuve scientifique | Commentaire |
| Moringa | ✗ | ★★★ Fort | Plusieurs essais randomisés contrôlés, une méta-analyse. Résultats convergents et significatifs. |
| Fenugrec | ✓ (ID 4185) | ★★ Modéré | Études positives mais de petite taille. Doses élevées nécessaires. |
| Shatavari | ✓ (ID 3252) | ★★ Modéré | Allégation EFSA + données hormonales. Intéressant en association. |
| Fenouil | ✓ (ID 2053) | ★ Faible | Effet démontré surtout chez l’animal. Dose clinique très élevée (9 g/j). |
| Carvi | ✓ (ID 2010) | ★ Faible | Allégation autorisée, données cliniques très limitées. |
| Levure de bière | ✗ | ★ Faible | Une étude encourageante, données insuffisantes. |
| Avoine | ✗ | ★ Faible | Mécanisme plausible (β-glucanes, avenanthramides), peu d’essais cliniques. |
| Graines de lin | ✗ | ★ Faible | Données indirectes (phytoœstrogènes). |
Alors, quel complément allaitement choisir ?
Les tisanes allaitement : le réflexe hydratation, mais rarement suffisant
Les tisanes lactation sont probablement le premier réflexe des mamans allaitantes. Et c’est une bonne chose pour une raison simple : elles aident à bien s’hydrater, ce qui est essentiel pendant l’allaitement. Mais en termes d’efficacité galactogène, la réalité est moins enthousiasmante.
Le problème principal : le sous-dosage. Les études cliniques sur le fenugrec utilisent entre 500 mg et 1 830 mg de poudre de graines par jour. Celles sur le fenouil vont jusqu’à 9 g par jour. Or, une tisane d’allaitement standard contient quelques centaines de milligrammes de plantes par sachet, réparties entre plusieurs ingrédients. On est loin, très loin, des doses qui ont montré un effet en étude clinique.
En résumé, les tisanes allaitement sont un bon rituel d’hydratation, mais compter dessus comme véritable complément allaitement galactogène est discutable.
Attention aux snacks sans actifs galactogènes
Un autre piège du marché : les snacks et barres estampillés « allaitement » ou « lactation » qui ne contiennent aucun ingrédient galactogène dosé de manière significative. Des energy balls aux graines ? Ce sont de bons encas, parfois même des produits savoureux et nutritifs, mais si la formule ne contient pas d’actif galactogène comme du fenugrec ou du moringa, on paie surtout un packaging « spécial allaitement » plus cher pour un produit qui n’a rien de spécifique.
Avant d’acheter, vérifiez la liste d’ingrédients et surtout les dosages.

Le grand gagnant de l’efficacité : Moringa Mama
Si l’on croise les données scientifiques et les exigences de dosage, un complément allaitement se démarque nettement : Moringa Mama de Jolly Mama.
Sa formule repose sur deux plantes complémentaires : le moringa (350 mg pour 2 gélules) et le shatavari (250 mg pour 2 gélules). Le shatavari aide à maintenir un bon flux de lait maternel et aide l’organisme à faire face au stress. Le moringa, quant à lui, est l’actif galactogène le mieux documenté par la recherche clinique.
Ce qui distingue Moringa Mama de la plupart des compléments allaitement du marché, c’est la cohérence entre le dosage du produit et celui des études cliniques. L’étude, qui a démontré une augmentation de +162 % du volume de lait au jour 10, utilisait exactement 350 mg de moringa par prise [2], le même dosage que 2 gélules de Moringa Mama. En prenant jusqu’à 4 gélules par jour (soit 700 mg de moringa et 500 mg de shatavari), on atteint des dosages alignés avec les protocoles ayant montré les effets les plus robustes.
Moringa Mama est 100 % bio, vegan, sans gluten, sans additifs et sans fenugrec, un point important pour les mères qui ne tolèrent pas le fenugrec ou qui souhaitent éviter les plantes associées à des effets digestifs.
Le conseil d’utilisation est de prendre 2 à 4 gélules par jour, réparties en deux prises, en adaptant la dose en fonction de ses besoins, idéalement avec l’accompagnement d’une consultante en lactation IBCLC.
Un complément allaitement ne fait pas de miracles : il s’inscrit dans une démarche globale, en complément d’une bonne conduite d’allaitement et d’une alimentation variée. Mais quand on choisit d’en prendre un, autant que le dosage colle à ce que la science a validé.

Sources
[1] Estrella MCP, Mantaring JB, David GZ, Taup MA. A double-blind, randomized controlled trial on the use of malunggay (Moringa oleifera) for augmentation of the volume of breastmilk among non-nursing mothers of preterm infants. Philippine Journal of Pediatrics, 2000.
[2] Espinosa-Kuo CL. A randomized controlled trial on the use of malunggay (Moringa oleifera) for augmentation of the volume of breastmilk among mothers of term infants. The Filipino Family Physician, 2005; 43(1): 26-33.
[3] Kiranawati T, Nurjanah N. Effect of moringa oleifera on level of prolactin and breast milk production in postpartum mothers. 2017.
[4] King J, Raguindin P, Dans L. Moringa oleifera (Malunggay) as a Galactagogue for Breastfeeding Mothers: A Systematic Review and Meta-Analysis of Randomized Controlled Trials. Philippine Journal of Pediatrics, 2013; 61(2): 34-42.
[5] Nutritional and Antioxidant Properties of Moringa oleifera Leaves in Functional Foods. 2022.
[6] Swafford S, Berens P. Effect of fenugreek on breast milk production. ABM News and Views, 2000; 6(3).
[7] El Sakka A, Salama M, Salama K. The effect of fenugreek herbal tea and palm dates on breast milk production and infant weight. Journal of Pediatric Sciences, 2014; 6: e202.
[8] Bumrungpert A, Somboonpanyakul P, Pavadhgul P, et al. Effects of fenugreek, ginger, and turmeric supplementation on human milk volume and nutrient content in breastfeeding mothers: A randomized double-blind controlled trial. Breastfeeding Medicine, 2018; 13: 645-650.
[9] Rouhi M, Hossieni MB, Khodaie L, et al. Investigating the effectiveness of fenugreek on the quantity of breast milk and the level of prolactin in mothers of preterm newborns: A randomized controlled clinical trial. Current Drug Research Reviews, 2025; 17: 471-480.
[10] Siahi M, Shirovi A, Heidari Nasrabadi M. Effect of fennel aqueous extract on the level of prolactin in female Wistar rat. Journal of Zoology and Biology, 2009; 1: 55-63.
[11] Sadeghpour N, Khaki AA, Najafpour A, et al. Study of Foeniculum vulgare (fennel) seed extract effects on serum level of estrogen, progesterone and prolactin in mouse. Crescent Journal of Medical and Biological Sciences, 2015; 2: 59-63.
[12] Honarvar F, Tadayon M, Afshari P, et al. The effect of Foeniculum vulgare on serum prolactin level in lactating women. Iranian Journal of Obstetrics, Gynecology and Infertility, 2013; 16: 18-24.
[13] Sources multiples sur le shatavari : A Double-Blind Randomized Clinical Trial for Evaluation of Galactogogue Activity of Asparagus racemosus Willd. 2011 ; Systematic review of the efficacy of herbal galactogogues. 2013 ; Role of thaneervittan kizhangu (asparagus racemosus) in female health care – a review. 2020 ; Adaptogenic property of Asparagus racemosus: Future trends and prospects. 2023.
[14] Jia LL, Brough L, Weber JL. Effect of Saccharomyces cerevisiae yeast-based supplement on human milk oligosaccharide concentration and mothers’ perception of breast milk supply: A randomized placebo-controlled trial. Proceedings, 2023; 84(1): 16.
[15] Nie L, Wise ML, Peterson DM, Meydani M. Avenanthramide, a polyphenol from oats, inhibits vascular smooth muscle cell proliferation and enhances nitric oxide production. Atherosclerosis, 2006; 186(2): 260-266.[16] Hutchins AM, Martini MC, Olson BA, Thomas W, Slavin JL. Flaxseed consumption influences endogenous hormone concentrations in postmenopausal women. Nutrition and Cancer, 2001; 39(1): 58-65.